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AMÉLIORER LA DÉTECTION DES TUMEURS
Les deux chercheurs ont collaboré sur un projet de recherche
évaluant la pertinence de l’échographie
effectuée directement sur le foie durant la chirurgie comme
outil de détection de tumeurs. La conclusion fut sans
équivoque : dans 10 % des cas, l’échographie
détecte de nouvelles tumeurs qui étaient
passées inaperçues au scanneur et à
l’IRM et dans 16 % des cas au total, la chirurgie est
modifiée par les nouvelles données obtenues. La
résection des tumeurs supplémentaires trouvées
par échographie augmente considérablement le taux de
survie du patient. « Avec l’échographie, on
arrive à découvrir des tumeurs
supplémentaires, ou à constater que la tumeur
visée est plus proche des vaisseaux sanguins que ce
qu’on croyait à l’imagerie
préopératoire,ce qui modifie la chirurgie qu’on
avait prévue », explique Franck Vandenbroucke-Menu.
« Ça reste un outil essentiel pour la chirurgie du
foie », ajoute-t-il. L’étude, qui sera
publiée sous peu, est la plus importante à ce jour
réunissant 400 patients du Centre hospitalier de
l’Université de Montréal (CHUM). Ce qui
renforce davantage les résultats. Comme le note Réal
Lapointe : « La plupart des publications sur le sujet
traitent plutôt du nombre de tumeurs et comportent beaucoup
moins de patients ».
SIMULATION 3D PRÉOPÉRATOIRE
Une autre facette importante de la résection
hépatique est de s’assurer de laisser suffisamment de
foie au patient. Réal Lapointe et Franck Vandenbroucke-Menu
ont travaillé à valider une nouvelle technologie
d’imagerie 3D évaluant les volumes total, tumoral et
restant du foie avant la résection, en collaboration avec
l’Institut de recherche contre les cancers de
l’appareil digestif (IRCAD) en France. Grâce à
cette technologie,le chirurgien peut simuler
l’hépatectomie à partir d’une image 3D
reconstituant le foie, les tumeurs et les vaisseaux du patient et,
ainsi, déterminer le volume de foie restant. Une
étude a été menée, la première
de ce genre qui s’attarde à valider l’imagerie
en 3D, comparant cette technologie aux mesures manuelles obtenues
en radiologie. Les résultats montrent pratiquement une
équivalence entre les deux techniques. Pour Franck
Vandenbroucke-Menu,l’imagerie 3D est prometteuse : «
Une image en 3D représente mieux ce que le chirurgien
retrouve en salle d’opération ».
VERS LA RECHERCHE TRANSLATIONNELLE
Depuis 2010, Réal Lapointe et Franck Vandenbroucke-Menu ont
mis sur pied une banque de tissus humains à partir de
patients atteints du cancer du foie ou du pancréas. En
parallèle, ils ont développé une banque de
données cliniques des patients qui va permettre de
réunir le travail du clinicien et du fondamentaliste dans la
même banque. Actuellement, une des difficultés pour le
chercheur fondamental est de pouvoir corréler ses
résultats aux données cliniques. De cette
façon, il sera beaucoup plus facile et rapide de faire le
lien entre le patient et les tissus, et ainsi
d’améliorer le dépistage et les traitements des
cancers du foie. Cette bio-banque devrait aussi permettre de
développer la recherche de nouveaux traitements pour le
cancer du pancréas avec des travaux sur l’infiltration
lymphocytaire tumorale et, ainsi, offrir des possibilités de
vaccinothérapie ou d’injection de lymphocytes «
spécifiques ». « La détection
précoce se traduit par de meilleures stratégies
thérapeutiques, ce qui, conséquemment, rehausse le
potentiel de survie du patient. On a vraiment espoir de faire
quelque chose de bien et de grand », conclut Réal
Lapointe.
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