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FAIRE DU QUOTIDIEN UN TERRAIN DE TRAITEMENT
La clinique JAP (Jeunes Adultes Psychotiques) du CHUM consiste en
une équipe interdisciplinaire visant la détection et
l’intervention précoces des psychoses chez les jeunes
adultes de 18 à 30 ans. Les patients sont vus rapidement et
fréquemment, jusqu’à quotidiennement, durant
les premières semaines. La particularité des
traitements offerts consiste en des thérapies
intensives et spécialisées, la plupart
incorporées au sein d’un projet de recherche clinique
menée par la Dre Abdel-Baki, pour aider les jeunes dans
toutes les sphères de leurs vies affectées par la
maladie, au lieu de se concentrer uniquement sur la
médication. L’une d’entre elles,
l’intervention vocationnelle, vise à soutenir les
jeunes dans leur occupation productive, que ce soit le travail, les
études ou être parent au foyer. « Être
longtemps en psychose a un impact psychosocial : les gens perdent
leur travail et leurs amis à cause de leurs symptômes,
ce qui affecte le fonctionnement de la personne », affirme la
chercheuse. Bref, les aider à maintenir un rôle social
significatif dans leur quotidien joue un rôle très
important dans la gestion de la maladie par les patients
eux-mêmes.
Les résultats de cette étude qui mesure
l’efficacité de cette approche sur le taux
d’occupation
productive des jeunes admis à la clinique sont
encourageants. En fait, on a montré qu’à 24
mois
de suivi, le taux est passé de 47,5 % à 70 %, un
chiffre comparable à celui de la population
générale de Montréal pour le même
groupe d’âge.
CONSOMMATION DE DROGUE
Un autre aspect étudié par Amal Abdel-Baki concerne
la consommation de drogue avant et
pendant les traitements. Cette étude porte sur 55 % des
jeunes admis ayant un problème d’abus ou de
dépendance aux drogues ou à l’alcool. Les
résultats suggèrent que d’avoir consommé
préalablement à l’admission n’a pas
autant de conséquences que le fait de continuer à
consommer : en effet, les jeunes ayant continué de consommer
ont beaucoup moins bien répondu au traitement, en plus de
compter de nombreuses hospitalisations, comparativement aux jeunes
qui n’avaient jamais consommé ou à ceux qui ont
cessé leur utilisation de drogue. Ces résultats
révèlent l’importance de développer des
services particuliers pour ces patients.
OBSERVANCE DE LA MÉDICATION
L’inobservance de la médication est la première
cause de rechute dans le traitement de la psychose,qui augmente la
sévérité de la maladie. Or, les raisons pour
lesquelles les patients choisissent de prendre ou non leur
médication sont mal documentées. Amal Abdel-Baki et
sa collègue Laurence Artaud entreprennent une étude
qui vise à comprendre les motivations qui
poussent le patient à prendre sa médication, en
tenant compte du regard de l’individu par rapport au
traitement et à sa maladie.
SOIGNER LES ÂMES BLESSÉES
Le traitement de la psychose est un travail de longue haleine qui
nécessite un soutien global
et spécialisé. Comme le compare Amal Abdel- Baki :
« Un marathonien qui se blesse à un genou ne
retournera pas courir le lendemain : il aura besoin de
physiothérapie pour réapprendre à marcher.
À la clinique, ce qu’on fait, c’est un peu la
physiothérapie de l’âme. » En tant que
chercheuse, son travail consiste à raffiner les moyens
de le faire et d’assurer une mesure du
succès.
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