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UNE MALADIE QUI EST DEVENUE IMPORTANTE
L’incidence de l’arthrose devrait doubler
d’ici 2030. « C’est inquiétant, parce que,
lorsque diagnostiquée cliniquement, cette maladie a
déjà causé de lourds dégâts !
» affirme
la chercheure. L’arthrose évolue sur plusieurs
années avant d’être symptomatique et
nécessiter une consultation médicale. Les personnes
atteintes souffrent de douleurs
articulaires. Malgré des phases dites « dormantes
» et la connaissance de certains facteurs de risque
(l’âge, l’obésité, etc.), on ignore
toujours la cause exacte de la résurgence des
symptômes de cette maladie. Les traitements actuels vont des
antalgiques qui soulagent les symptômes, au remplacement
total de l’articulation par une chirurgie,
du fait d’une dégénérescence
avancée des tissus articulaires. Elle peut également
atteindre des personnes plus jeunes ayant subi des traumatismes
articulaires; il n’est pas rare de voir des athlètes
de haut niveau subir un remplacement total de la hanche ou du
genou.
il existe plusieurs sous-groupes et on parle de « maladies
arthrosiques ». Depuis 30 ans, Johanne Martel-Pelletier
travaille au sein de l’Unité de recherche en arthrose
qu’elle
a créée avec le Dr Jean-Pierre Pelletier. « Je
voulais que mon travail ait une portée de la molécule
à l’humain ». Avec son bagage en physiologie et
biologie moléculaire, elle a
effectué des travaux innovants sur la composante
inflammatoire de l’arthrose.
TOUT ÉTAIT À DÉCOUVRIR
« J’ai découvert très jeune le mot
« physiologie » et j’ai décidé
d’étudier dans ce domaine, sans savoir où cela
me mènerait ! » Tout naturellement,elle se dirige
au
baccalauréat en biologie moléculaire puis vers la
maîtrise et le doctorat en physiologie. Après un
premier stage postdoctoral en biophysique, elle en poursuit un
second en
rhumatologie.
« Au début des années 80, on avait peu de
connaissances sur l’arthrose ». Avec des moyens
technologiques limités au début, mais « avec
une approche analytique et
une grande ouverture d’esprit », Johanne
Martel-Pelletier et son équipe tentent d’expliquer les
mécanismes en étudiant les principaux tissus de
l’articulation :
le cartilage, la membrane synoviale et l’os sous-chondral.
Depuis, son équipe a fait des percées majeures sur la
physiopathologie, comme en font foi les innombrables
publications, la réputation internationale et le rôle
des chercheurs de l’Unité au sein de
sociétés savantes en rhumatologie et autres
disciplines.
RECONNAISSANCE INTERNATIONALE
« Par ailleurs, ses travaux innovateurs viennent de recevoir
une reconnaissance très significative. En fait, Johanne
Martel-Pelletier et son conjoint, le Dr Jean-Pierre
Pelletier,
ont reçu un prix extrêmement prestigieux – le
Prix international du roi Faisal d’Arabie Saoudite,
catégorie médecine pour l’année 2010. Ce
concours annuel, institué depuis 1976, met en lice des
candidatures provenant de partout dans le monde. Depuis sa
création, seuls deux autres canadiens ont été
récompensés.
LEADERSHIP ET ORGANISATION
Dans son quotidien, Johanne Martel-Pelletier gère les
besoins de l’Unité, la recherche et organise des
réunions au plan national et international. Elle
privilégie la
collaboration avec les rhumatologues. « Les chercheurs ont
tendance à travailler seuls, mais il doit y avoir
regroupement de médecins et de chercheurs par le biais de
rencontres
tels les clubs de lecture et réunions scientifiques »,
déclare-t-elle. Elle aime s’entourer d’experts
dans des domaines parallèles et complémentaires au
sien. À ce titre, en
collaboration avec des ingénieurs et des spécialistes
en radiologie et en biophysique, son équipe a
développé des systèmes d’imagerie
pouvant quantifier le volume
et l’épaisseur
de certains tissus articulaires. « Ce projet vise à
développer des outils objectifs de diagnostic fiables et
performants pour détecter la maladie et à tester
l’effet de nouveaux
médicaments permettant d’arrêter la maladie dans
sa phase précoce».
Devant son parcours impressionnant, on se demande comment la
chercheure parvient à tout accomplir. « Avoir du
leadership et être organisée; j’essaie
d’anticiper les problèmes
potentiels et d’avoir des plans B et C en réserve
» confie-t-elle en souriant.
LES FEMMES DANS LE MONDE SCIENTIFIQUE
« À mes débuts, la recherche médicale
c’était l’old boys’ club. Les hommes
occupaient le devant de la scène et les femmes
étaient peu admises. Aujourd’hui, je ne vois plus
une
telle différence. À l’Unité, tous sont
choisis pour leur expertise et le fait d’être un homme
ou une femme n’a jamais eu aucune importance.

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