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DISTINGUER LE DIABÈTE DE TYPE 1 ET CELUI DE TYPE 2
Le diabète de type 1 touche surtout les enfants et les
jeunes adultes et est caractérisé par une carence en
insuline; cette hormone est essentielle pour que les cellules
du
corps puissent utiliser le sucre présent dans le sang. Le
diabète de type 2, jusqu’à récemment,
apparaissait avec l’âge mais touche de plus en plus les
jeunes en raison de
l’augmentation de l’obésité chez les
enfantset les adolescents. Cette forme de diabète a une
composante génétique plus marquée que le
diabète type 1 et est favorisée par une
mauvaise hygiène de vie (nourriture riche en gras et en
glucides, sédentarité, etc.). Le diabète de
type 2 peut parfois être maîtrisé en adoptant un
mode de vie plus sain, mais
la prise quotidienne de médicamentsest souvent
requise.
« Au cours des dix dernières années, peu de
traitements novateurs ont été
développés contre le diabète de type 2.
L’arsenal thérapeutique n’est pas assez
efficace; voici
pourquoi il faut mettre au point des médicaments plus actifs
et moins dangereux » indique le Dr Poitout, titulaire de la
Chaire de recherche du Canada sur le diabète et la fonction
de la cellule bêta-pancréatique. Et les recherches du
scientifique y participent activement. L’Association
canadienne du diabète vient justement de lui décerner
le
prix du jeune scientifique Great-West Live, London Life et Canada
Life.
VERS DES TRAITEMENTS PLUS PERFORMANTS
Un des axes de travail du chercheur : mieux comprendre les
mécanismes de régulation de la
sécrétion d’insuline. Il
s’intéresse entre autres choses au récepteur
d’acides gras
GPR40; il est celui qui enverra le signal aux cellules bêta,
chargées de produire de l’insuline. Une cible
pertinente ? À n’en point douter. C’est que 30 %
des médicaments
actuels sont orientés vers les récepteurs de
protéines de cette famille.
« Ce récepteur a une propriété qui le
rend très attrayant comme cible thérapeutique
potentielle : lorsqu’il reconnaît les acides gras dans
le sang, il envoie un message aux
cellules bêta du pancréas pour déclencher la
production de l’insuline, mais uniquement quand le taux de
glucose est élevé. C’est l’un des
mécanismes qui permet de maintenir la
glycémie du corps humain dans une gamme très
étroite. Notre défi est de contribuer à mettre
au point des molécules qui activeraient le récepteur
au moment opportun » révèle le Dr
Poitout.
Les découvertes du chercheur étant du domaine public,
peuvent être consultées par les entreprises
pharmaceutiques, leur donnant des pistes pour développer de
nouvelles
générations de médicaments. « Ces
compagnies nous mandatent aussi pour mettre au point des
modèles d’approche ou tester de nouvelles
molécules ». Par exemple, Merck Frosst a
versé au chercheur un fonds de 60 000 $ en 2007 pour
développer un projet de recherche sur la cellule
bêta.
« Nous devons poursuivre nos travaux pour créer un
continuum à partir de la recherche fondamentale. Notre
véritable expertise est de générer des
connaissances; celle du secteur
privé, c’est de créer de nouveaux
médicaments. Dans le combat contre le diabète, les
secteurs public et privé doivent travailler vraiment en
synergie » estime le Dr Poitout.
VERS UNE SOCIÉTÉ EN SANTÉ
Le Dr Poitout s’intéresse également à la
pathogénèse du diabète de type 2. Pathoquoi ?
Il s’agit d’une branche de la science qui étudie
l’apparition des maladies. « En
connaissant mieux l’histoire naturelle du diabète de
type 2, on pourra mettre sur pied des stratégies de
prévention plus efficaces. » précise le Dr
Poitout. « Il faut savoir
qu’une prévention ciblée peut faire diminuer de
moitié le nombre de personnes atteintes de diabète;
c’est considérable ! ».
Avec le taux d’obésité qui augmente à
une vitesse fulgurante, la situation devient très
inquiétante. Chez les personnes obèses,
l’excès chronique d’acides gras et de nutriments
dans le sang a un effet toxique sur les cellules qui
secrètent de l’insuline. Après un temps, le
corps produit non seulement moins d’insuline, mais le
système devient peu à peu résistant à
cette hormone. On est alors à risque de devenir un
diabétique de type 2.
Rappelons que les patients diabétiques courent davantage de
risques d’être atteints d’une
maladie cardiaque, d’hypertension et
d’hyper-cholestérolémie; un diabète mal
maîtrisé peut aussi mener à des troubles
rénaux, la cécité, des lésions
nerveuses et vasculaires et des difficultés à
combattre les infections.
Les recherches menées dans le laboratoire du Dr Poitout
peuvent donc avoir un impact sur la qualité ainsi que
l’espérance de vie de millions de personnes dans le
monde et réduire le nombre de personnes hospitalisées
ou traitées, tout en contribuant à la création
de meilleurs médicaments. Comme quoi, une
société gagne vraiment à investir dans la
recherche fondamentale.
cécité, des lésions nerveuses et vasculaires
et des difficultés à combattre les
infections.

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