Agrandir la taille du texte Diminuer la taille du texte Envoyer à un ami Facile à imprimer
Volume 1 numéro 3 - juillet 2009

 
Archives À propos de Recherche CRCHUM
 
  Dr André Robidoux
 


Le cancer du sein : craintes et espoirs

Au cours de sa vie, une femme sur neuf recevra un diagnostic de cancer du sein et cette proportion ne cesse d’augmenter. Heureusement, les efforts consentis au dépistage et à la recherche ont amélioré les chances de survie, les faisant passer de 50 % à 75 % en 30 ans. Cette bataille incessante pour améliorer les soins et l’issue des traitements est au coeur de la mission du Groupe de recherche en cancer du sein (GRCS) du CRCHUM


Dirigé par le Dr André Robidoux, le GRCS mène actuellement une étude clinique de phase 1 pour tester la façon optimale d’absorber du lapatinib, un médicament susceptible de ralentir voire même de stopper momentanément les mécanismes biologiques de prolifération des cellules cancéreuses chez des patientes ayant un cancer du sein avancé avec métastases et surexprimant la protéine HER2.

POUR UNE MEILLEURE ABSORPTION DU MÉDICAMENT

Le lapatinib est un inhibiteur de la tyrosine kinase. Son objectif est de bloquer l’action des protéines anormales qui sont responsables de la multiplication des cellules tumorales. Ce médicament est généralement indiqué en association avec d’autres médicaments pour traiter un cancer avancé et réputé incurable ou encore, en première ligne, pour des types de cancers très spécifiques. Approuvé par Santé Canada depuis le 15 mai dernier, il est dorénavant disponible ici tout comme dans 75 autres pays l’utilisant déjà.

Le but de l’étude commandée par GlaxoSmithKline (GSK), un géant mondial de la recherche pharmaceutique et des produits de soins de santé, est d’augmenter l’efficacité de ce médicament en optimisant son absorption par voie orale. Il s’agit de tester l’administration du médicament une heure après un petit déjeuner (à faible puis à haute teneur en lipides) et de comparer les résultats lorsqu’il est absorbé une heure avant un petit déjeuner à faible teneur en lipides. Les patientes sont ainsi traitées en monothérapie pour une durée de quatre semaines consécutives dans la nouvelle unité de recherche clinique spécialisée pour les protocoles de phases I, II a) et II b) du CRCHUM pour tester les meilleures conditions possibles d’ingestion du médicament avec le moins d’effets indésirables pour elles. GSK a confié cette étude à l’équipe du Dr André Robidoux, directeur du GRSC, en raison de l’excellence de ses recherches et de sa notoriété mondiale.

DES PREMIÈRES RÉACTIONS INATTENDUES

Jusqu’ici, trois patientes ont participé à l’étude et trois autres sont attendues, ce qui constituera le tiers de l’échantillon mondial visé par GSK. « J’ai été complètement ébahi de constater la transformation radicale de la première participante, une jeune femme de 38 ans avec un cancer métastatique incurable : sa tumeur est passée de 6 cm à 2 cm et ses enzymes hépatiques ont diminué nettement. Elle a retrouvé son énergie et elle songe même à retourner travailler ! C’est  toujours merveilleux de constater une réaction aussi spectaculaire mais il faudra analyser l’ensemble des résultats pour en tirer des recommandations sûres » rappelle avec prudence le Dr Robidoux.

L’IMPORTANCE DES RECHERCHES CLINIQUES

La stratégie à adopter face à des cancers du sein incurables est de favoriser une combinaison optimale de traitements et de thérapies pour stabiliser la croissance des métastases,pour prolonger l’intervalle sans progression de la tumeur et pour conserver et améliorer la qualité de vie en dépit du pronostic inéluctable. À toutes les 12 minutes, une femme décède du cancer du sein en Amérique du Nord. Durant ce même intervalle, des équipes de chercheurs et de cliniciens s’activent sans relâche pour ralentir ou adoucir cette issue ultime. Elles y travaillent avec constance et persévérance en dépit de l’infinie fragilité de la vie. « Quand je vois des tumeurs se résorber sous l’effet de traitements anticancéreux,je vois aussi la joie de vivre et l’espoir renaître.Cela me porte à encourager les femmes à participer aux recherches cliniques pour profiter de traitements de pointe tout en contribuant à repousser les limites de notre capacité d’action » conclut le Dr Robidoux.




 

  

 

Joindre le CHUM Responsabilités et confidentialité Droits d'auteur Production et réalisation