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Dirigé par le Dr André Robidoux, le GRCS mène
actuellement une étude clinique de phase 1 pour tester la
façon optimale d’absorber du lapatinib, un
médicament susceptible de ralentir voire même de
stopper momentanément les mécanismes biologiques de
prolifération des cellules cancéreuses chez des
patientes ayant un cancer du sein avancé avec
métastases et surexprimant la protéine
HER2.
POUR UNE MEILLEURE ABSORPTION DU MÉDICAMENT
Le lapatinib est un inhibiteur de la tyrosine kinase. Son objectif
est de bloquer
l’action des protéines anormales qui sont responsables
de la multiplication des
cellules tumorales. Ce médicament est
généralement indiqué en association
avec
d’autres médicaments pour traiter un cancer
avancé et réputé incurable ou encore,
en
première ligne, pour des types de cancers très
spécifiques. Approuvé par Santé Canada
depuis le 15 mai dernier, il est dorénavant disponible ici
tout comme dans 75 autres
pays l’utilisant déjà.
Le but de l’étude commandée par GlaxoSmithKline
(GSK), un géant mondial de la
recherche pharmaceutique et des produits de soins de santé,
est d’augmenter
l’efficacité de ce médicament en optimisant son
absorption par voie orale. Il s’agit
de tester l’administration du médicament une heure
après un petit déjeuner (à faible
puis à haute teneur en lipides) et de comparer les
résultats lorsqu’il est absorbé
une heure avant un petit déjeuner à faible teneur en
lipides. Les patientes sont
ainsi traitées en monothérapie pour une durée
de quatre semaines consécutives dans
la nouvelle unité de recherche clinique
spécialisée pour les protocoles de phases I,
II a) et II b) du CRCHUM pour tester les meilleures conditions
possibles d’ingestion
du médicament avec le moins d’effets
indésirables pour elles. GSK a confié cette
étude à l’équipe du Dr André
Robidoux, directeur du GRSC, en raison de l’excellence
de ses recherches et de sa notoriété mondiale.
DES PREMIÈRES RÉACTIONS INATTENDUES
Jusqu’ici, trois patientes ont participé à
l’étude et trois autres sont attendues, ce
qui constituera le tiers de l’échantillon mondial
visé par GSK. « J’ai été
complètement ébahi de constater la transformation
radicale de la première
participante, une jeune femme de 38 ans avec un cancer
métastatique incurable : sa
tumeur est passée de 6 cm à 2 cm et ses enzymes
hépatiques ont diminué nettement.
Elle a retrouvé son énergie et elle songe même
à retourner travailler ! C’est
toujours merveilleux de constater une réaction aussi
spectaculaire mais il faudra
analyser l’ensemble des résultats pour en tirer des
recommandations sûres » rappelle
avec prudence le Dr Robidoux.
L’IMPORTANCE DES RECHERCHES CLINIQUES
La stratégie à adopter face à des cancers du
sein incurables est de favoriser une
combinaison optimale de traitements et de thérapies pour
stabiliser la croissance des
métastases,pour prolonger l’intervalle sans
progression de la tumeur et pour
conserver et améliorer la qualité de vie en
dépit du pronostic inéluctable. À
toutes
les 12 minutes, une femme décède du cancer du sein en
Amérique du Nord. Durant ce
même intervalle, des équipes de chercheurs et de
cliniciens s’activent sans relâche
pour ralentir ou adoucir cette issue ultime. Elles y travaillent
avec constance et
persévérance en dépit de l’infinie
fragilité de la vie. « Quand je vois des
tumeurs
se résorber sous l’effet de traitements
anticancéreux,je vois aussi la joie de vivre
et l’espoir renaître.Cela me porte à encourager
les femmes à participer aux
recherches cliniques pour profiter de traitements de pointe tout en
contribuant à
repousser les limites de notre capacité d’action
» conclut le Dr Robidoux.

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