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Cette banque permettra de stocker des échantillons de sang,
d’urine ou d’ADN prélevés anonymement
auprès de tous les greffés du rein qui auront
consenti à participer à la collecte de ce
matériel avant leur greffe et au cours de la première
année suivant leur transplantation. Ce matériel
recèle des informations de tout premier plan pour les
chercheurs qui développent actuellement des projets
susceptibles de faire avancer les connaissances notamment sur les
prédicteurs de rejet chronique du greffon.
UNE MASSE CRITIQUE INÉGALÉE
« Nous avons un double avantage extraordinaire au CRCHUM : en
néphrologie, nous disposons d’une masse critique pour
le nombre de chercheurs autant que pour le nombre de patients
suivis pendant 20 ans voire même 30 ans avec les centres
satellites; cela représente un bassin exceptionnel de
données », constate la Dre Hébert. Ainsi, dans
ses unités du CHUM et de l’HMR, Montréal occupe
le 2e rang pour le nombre de transplantations de reins au Canada.
Ce volume favorise le stockage de matériel pour la recherche
orientée sur les meilleurs soins à apporter aux
patients en fonction des meilleures connaissances disponibles.
« Le patient est certes un bénéficiaire de
soins découlant de recherches ayant permis de les
développer. En donnant son accord à des
prélèvements non invasifs, le patient lui-même
peut aussi contribuer au développement des futurs tests
diagnostiques et traitements en dialyse ou en transplantation; il
passe ainsi le relai aux autres patients en insuffisance
rénale ou en transplantation », explique la Dre
Hébert.
RÉDUIRE LES COMPLICATIONS
POST-TRANSPLANTATION CANCER
Actuellement, le plus grand défi pour la transplantation est
celui du rejet chronique du greffon. Il serait donc fort utile de
pouvoir identifier, à partir d’analyse du
matériel biologique recueilli, des marqueurs du
vieillissement du greffon ou encore des médiateurs qui vont
permettre d’identifier les sujets plus à risque de
subir un rejet chronique. La présence de certaines
protéines dans l’urine ou dans le sang dans la
période suivant la greffe pourrait-elle devenir un
prédicteur de rejet ? Y a-t-il des génotypes
particuliers qui pourraient permettre de dépister à
l’avance d’éventuelles complications ? On sait
que les greffés rénaux ont une probabilité
plus élevée de développer un diabète
après la greffe, à cause des médicaments
anti-rejet. Les endocrinologues pourraient-ils identifier certains
génotypes plus vulnérables au diabète et
adapter les médicaments en conséquence ? On constate
aussi que les immunosupprimés sont susceptibles de
développer divers types de cancers. Les oncologues
pourraient-ils identifier des protéines permettant de
prédire la prévalence de cancers dans cette
population à risque ?
Toutes ces questions demeurent autant de pistes à explorer
pour les chercheurs et spécialistes, toutes disciplines
confondues, qui pourront avoir accès au fabuleux gisement de
données de cette banque de matériel biologique. Ce
projet, financé par le ministère du
Développement économique, de l’Innovation et de
l’Exportation du Québec, bénéficie du
support de compagnies pharmaceutiques, telles Astellas Pharma,
Hoffmann-La Roche, Novartis et Wyeth, très
intéressées à développer un partenariat
avec le CRCHUM pour élaborer les outils nécessaires
au développement d’approches de médecine
personnalisée pour le patient en transplantation.

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