Agrandir la taille du texte Diminuer la taille du texte Envoyer à un ami Facile à imprimer
Volume 1 - numéro 3, juillet 2009

 
Archives À propos de Recherche CRCHUM
 
  Dre Marie-Josée Hébert
 


Une banque de matériel biologique unique en son genre au Canada

En mai dernier, la banque de matériel biologique en greffe rénale de Montréal voyait le jour,sous l’impulsion de la Dre Marie-Josée Hébert, chercheure au CRCHUM et codirectrice du Consortium de recherche en néphrologie de l’Université de Montréal. Unique au Québec – et l’une des rares de sa catégorie au Canada – cette banque couronne la remarquable collaboration entre les spécialistes de la transplantation du rein du CHUM et ceux de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).

Cette banque permettra de stocker des échantillons de sang, d’urine ou d’ADN prélevés anonymement auprès de tous les greffés du rein qui auront consenti à participer à la collecte de ce matériel avant leur greffe et au cours de la première année suivant leur transplantation. Ce matériel recèle des informations de tout premier plan pour les chercheurs qui développent actuellement des projets susceptibles de faire avancer les connaissances notamment sur les prédicteurs de rejet chronique du greffon.

UNE MASSE CRITIQUE INÉGALÉE

« Nous avons un double avantage extraordinaire au CRCHUM : en néphrologie, nous disposons d’une masse critique pour le nombre de chercheurs autant que pour le nombre de patients
suivis pendant 20 ans voire même 30 ans avec les centres satellites; cela représente un bassin exceptionnel de données », constate la Dre Hébert. Ainsi, dans ses unités du CHUM et de l’HMR, Montréal occupe le 2e rang pour le nombre de transplantations de reins au Canada. Ce volume favorise le stockage de matériel pour la recherche orientée sur les meilleurs soins à apporter aux patients en fonction des meilleures connaissances disponibles. « Le patient est certes un bénéficiaire de soins découlant de recherches ayant permis de les développer. En donnant son accord à des prélèvements non invasifs, le patient lui-même peut aussi contribuer au développement des futurs tests diagnostiques et traitements en dialyse ou en transplantation; il passe ainsi le relai aux autres patients en insuffisance rénale ou en transplantation », explique la Dre Hébert.

RÉDUIRE LES COMPLICATIONS POST-TRANSPLANTATION CANCER

Actuellement, le plus grand défi pour la transplantation est celui du rejet chronique du greffon. Il serait donc fort utile de pouvoir identifier, à partir d’analyse du matériel biologique recueilli, des marqueurs du vieillissement du greffon ou encore des médiateurs qui vont permettre d’identifier les sujets plus à risque de subir un rejet chronique. La présence de certaines protéines dans l’urine ou dans le sang dans la période suivant la greffe pourrait-elle devenir un prédicteur de rejet ? Y a-t-il des génotypes particuliers qui pourraient permettre de dépister à l’avance d’éventuelles complications ? On sait que les greffés rénaux ont une probabilité plus élevée de développer un diabète après la greffe, à cause des médicaments anti-rejet. Les endocrinologues pourraient-ils identifier certains génotypes plus vulnérables au diabète et adapter les médicaments en conséquence ? On constate aussi que les immunosupprimés sont susceptibles de développer divers types de cancers. Les oncologues pourraient-ils identifier des protéines permettant de prédire la prévalence de cancers dans cette population à risque ?

Toutes ces questions demeurent autant de pistes à explorer pour les chercheurs et spécialistes, toutes disciplines confondues, qui pourront avoir accès au fabuleux gisement de données de cette banque de matériel biologique. Ce projet, financé par le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec, bénéficie du support de compagnies pharmaceutiques, telles Astellas Pharma, Hoffmann-La Roche, Novartis et Wyeth, très intéressées à développer un partenariat avec le CRCHUM pour élaborer les outils nécessaires au développement d’approches de médecine personnalisée pour le patient en transplantation.




 

  

 

Joindre le CHUM Responsabilités et confidentialité Droits d'auteur Production et réalisation