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DES ALIMENTS QUI PEUVENT MENER AU CANCER
Parviz Ghadirian étudie les liens entre la nutrition et les
cancers, toutes atégories confondues, depuis une trentaine
d’années. Dans sa ligne de mire :
l’identification des facteurs de risque associés avec
des comportements alimentaires, des nutriments et des groupes
d’aliments. Ceci lui a permis de dresser un classement
inédit en fonction du type de cancer,lequel
s’avère être une arme redou-table pour lutter
contre cette maladiecomplexe. Deux exemples : les produits laitiers
et la viande rouge.
PRODUITS LAITIERS ET LE CANCER DE LA PROSTATE
Sa dernière étude sur le cancer de la prostate, parue
en 2010, a fait état d’une étonnante
découverte : un homme consommant plus de 470 g de produits
laitiers par jour court deux fois plus de risque d’être
atteint d’un cancer de la prostate que s’il en
consommait 125 g. Autrement dit, un verre de lait, ça va,
mais plus de deux peuvent devenir dangereux. Par contre, les noix
semblent avoir un impact inverse, diminution du risque de 47 % !
Comme quoi les écureuils sont plus futés que nous
?
C’est en étudiant le régime alimentaire de 197
patients diagnostiqués avec le cancer de la prostate et un
groupe témoin de la même importance que sa
collègue italienne Sara Raimondi et lui ont pu arriver
à cette conclusion. Mais pour ce faire, ils ont dû
mesurer la corrélation entre ce cancer et plus de 200
produits alimentaires… pas une mince affaire !
Le chercheur se montre consterné cependant par cette
réalité : « Bien que ce cancer touche
près d’un homme sur huit, soit presque le même
taux que chez la femme pour le cancer du sein, on parle bien peu du
cancer de la prostate. Et pourtant, il s’agit du cancer le
plus diagnostiqué chez les hommes et au troisième
rang côté mortalité,derrière le cancer
du poumon et le cancer colorectal. »
GARE À LA VIANDE ROUGE !
Dans une autre étude, Parviz Ghadirian a découvert un
lien entre l’incidence du cancer du pancréas et la
viande rouge. En fait, les personnes ayant un régime riche
en viande rouge courent un risque deux fois plus
élevé de développer ce cancer. « Je dois
admettre que j’aime bien manger moi-même de la viande
rouge… mais j’essaie de le faire seulement de
manière occasionnelle », déclare le chercheur.
Par contre, un régime riche en légumineuses aurait
l’effet contraire.
Il nous met en garde sur l’utilisation du barbecue (au
charbon ou au gaz) qui, à haute température, produit
des cancérigènes. « Au moins, on vit au
Québec et non pas en Californie, la tentation de
l’utiliser à l’année longue est moins
forte ! » conclut-il, pince-sans-rire.
QUOI MANGER ALORS ?
Manger bio, un gage de santé ? « Il est difficile de
répondre à cette question à l’heure
actuelle puisque l’on ne verra les effets sur la santé
qu’à long terme, dans quinze, voire dans vingt ans. Et
il faudra aussi vérifier dans quelle mesure la personne
interrogée a ingéré des aliments dits
biologiques… tout en considérant une foule
d’autres facteurs », explique Parviz Ghadirian.
Étudier les effets de la nutrition sur la santé
constitue donc un travail de longue haleine. Voici pourquoi il faut
faire preuve de patience et mener des études sur plusieurs
fronts.
LA MODÉRATION A-T-ELLE MEILLEUR GOÛT ?
Le chercheur a dressé une liste de pratiques à
encourager : limitez votre consommation de matières grasses,
enrichissez votre alimentation de fibres alimentaires, mettez dans
votre assiette de généreuses portions de fruits et
légumes, maintenez un poids santé, cessez de
consommer de l’alcool, évitez autant que possible les
aliments fumés, salés ou contenant des agents de
conservation comme du nitrite. Bref, évitez les
excès.
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