|
Un programme d'échange de seringues depuis la fin des
années 1980
Montréal a été parmi les premières
villes en Amérique du Nord à mettre en place des
programmes d’échange de seringues dès la fin
des années 1980. Contrairement à d’autres
villes
nord-américaines, la population d’UDI à
Montréal est répartie dans tous les arrondissements
et non plus concentrée dans certains territoires. Ainsi,
plus de la moitié de cette
population vit à l’extérieur du centre-ville.
Cet étalement géographique rend la prévention
et la distribution de matériel d’injection plus
complexe.
Montréal peut se targuer d’avoir l’une des
politiques de distribution de seringues les plus libérales
en Amérique du Nord : le matériel d’injection
et la fourniture de seringues
sont accessibles dans les CLSC; un nombre illimité de
seringues peuvent être obtenues grâce à des
programmes d’échanges et de nombreuses pharmacies
vendent aux UDI, des
seringues à bas prix. La Direction de santé publique
de l’Agence de la santé et des services sociaux de
Montréal a aussi pris des mesures
d’amélioration continue des stratégies
de réduction des méfaits.
La réduction de la transmission du VIH : une bonne
nouvelle
L’étude démontre, entre 1992 et 2008, une
diminution du taux de transmission du virus causant le SIDA chez
les UDI à Montréal. Depuis l’an 2000, le taux
de transmission a
régressé quatre fois plus rapidement, ce qui est
significatif. « Nous pouvons conclure que les
résultats de l’étude témoignent de
l’effet positif des efforts concertés et des
politiques de santé publique mises en place au cours de la
dernière décennie », souligne la Dre
Bruneau. « Néanmoins, la persistance de comportements
à haut risque dans cette
population indique aussi la nécessité de poursuivre
les efforts de prévention », ajoute-t-elle.
Il faut donc continuer à déployer une
diversité de moyens pour joindre et outiller la population
des utilisateurs de drogues, notamment des programmes de traitement
intégrant
des approches novatrices.
« La réduction significative de la transmission du VIH
chez les personnes UDI représente un gain réel, mais
insuffisant, tel que je l’ai mentionné dans mon
rapport sur les
infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS)
publié en décembre dernier. En effet, depuis le
début des années 2000, la transmission du VIH semble
ne pas avoir
connu de baisse et l’épidémie de
l’infection par l’hépatite C a pris des
proportions alarmantes. Au cours de cette même
période, la distribution du matériel
d’injection n’a pas
atteint le déploiement attendu. C’est pourquoi il nous
faut dès maintenant redoubler nos efforts », de dire
le Dr Richard Lessard, directeur de santé publique à
Montréal.
Au sujet de
l'étude
Cette étude publiée dans l’American Journal of
Epidemiology a été subventionnée par les
Instituts de recherche en santé du Canada, le National
Institute on Drug Abuse
(États-Unis) et le Fonds de la recherche en santé du
Québec.
Les scientifiques publient
les résultats de leurs recherches dans
l’édition préalable en ligne du American
Journal of Epidemiology.
Renseignements
Richard Ashby,
Directeur adjoint, information et développement
Centre de recherche du CHUM
514 890-8000, poste 14090
richard.ashby.chum@ssss.gouv.qc.ca
|